Traitement termites bois : méthodes, produits et prix 2026
Les termites et le bois : comprendre l’attaque
Les termites souterrains se nourrissent exclusivement de cellulose, le composant principal du bois. Contrairement aux insectes à larves xylophages (capricornes, vrillettes), les termites sont des insectes sociaux qui vivent dans le sol et remontent vers les sources de nourriture via des cordonnets de terre construits à l’abri de la lumière.
L’attaque des termites est particulièrement sournoise car elle se développe de l’intérieur : les ouvriers creusent des galeries en suivant les fibres du bois, ne laissant qu’une fine pellicule en surface. Un bois apparemment sain peut être entièrement évidé. C’est pourquoi un diagnostic professionnel est indispensable avant tout traitement.
Quels bois sont les plus vulnérables ?
Tous les bois ne présentent pas la même résistance aux termites. La norme NF EN 350 classe les essences selon leur durabilité naturelle :
| Classe de durabilité | Essences | Résistance aux termites |
|---|---|---|
| Classe 1 (très durable) | Teck, iroko, moabi | Excellente |
| Classe 2 (durable) | Chêne (duramen), châtaignier | Bonne |
| Classe 3 (moyennement durable) | Pin douglas, mélèze | Moyenne |
| Classe 4 (peu durable) | Épicéa, sapin, peuplier | Faible |
| Classe 5 (non durable) | Hêtre, bouleau, aubier de chêne | Très faible |
Les bois résineux (pin, sapin, épicéa), largement utilisés en charpente et en ossature, sont parmi les plus vulnérables. L’aubier (partie externe du tronc) de toutes les essences est systématiquement attaqué.
Les méthodes de traitement du bois contre les termites
1. Le traitement par injection
Le traitement par injection est la méthode de référence pour le traitement curatif des bois de structure en place. Le principe consiste à perforer le bois à intervalles réguliers et à y injecter un produit insecticide sous pression.
Protocole d’application
- Sondage : le technicien identifie les zones attaquées à l’aide d’une sonde ou d’un poinçon
- Bûchage : retrait du bois dégradé en surface pour atteindre le bois sain
- Perçage : forage de trous de 8 à 12 mm de diamètre, espacés de 30 à 33 cm, en quinconce sur deux rangées
- Pose des injecteurs : insertion de chevilles d’injection en plastique dans chaque trou
- Injection : injection du produit sous pression (2 à 10 bars) jusqu’à refus du bois
- Pulvérisation : application du produit en surface sur toutes les faces accessibles du bois
Produits utilisés pour l’injection
Les principaux produits utilisés pour l’injection dans le bois sont :
- Perméthrine : insecticide de la famille des pyréthrinoïdes, efficace contre termites et insectes à larves xylophages
- Cyperméthrine : pyréthrinoïde à action rémanente, souvent associé à un fongicide
- Propiconazole : fongicide associé aux insecticides pour une protection complète
- Bore (disodium octaborate) : produit minéral à action insecticide et fongicide, utilisable en traitement préventif
Pour un comparatif détaillé, consultez notre guide des produits anti-termites.
2. Le traitement par gel
Le traitement par gel insecticide est une alternative à l’injection classique, particulièrement adaptée aux bois difficiles d’accès ou aux petites sections. Le gel est injecté dans des trous forés dans le bois et diffuse lentement dans les fibres.
Avantages du gel :
- Meilleure pénétration dans les bois denses
- Moins de perte de produit que l’injection liquide
- Application plus propre (pas de coulures)
- Adapté aux bois décoratifs et aux meubles
Inconvénients :
- Coût plus élevé que l’injection liquide
- Diffusion plus lente dans les grandes sections
3. Le traitement de surface (badigeon et pulvérisation)
Le traitement de surface consiste à appliquer un produit insecticide par badigeon (au pinceau) ou par pulvérisation sur toutes les faces accessibles du bois. Cette méthode est principalement utilisée en traitement préventif ou en complément d’un traitement par injection.
La profondeur de pénétration est limitée (quelques millimètres), ce qui rend cette technique insuffisante comme seul traitement curatif pour des bois déjà infestés. Elle est en revanche très efficace pour protéger des bois sains dans une zone à risque.
4. Le traitement par trempage
Réservé aux bois hors d’oeuvre (non encore mis en place), le trempage consiste à immerger le bois dans un bac contenant le produit de traitement pendant une durée déterminée (quelques minutes à plusieurs heures). La pénétration obtenue est supérieure au badigeon mais inférieure à l’injection.
Cette méthode est couramment utilisée en scierie et en négoce de bois pour traiter les bois de construction avant leur livraison.
Traitement préventif du bois : anticiper l’infestation
Le traitement préventif du bois est la meilleure protection contre les termites. Il est obligatoire pour les bois de structure dans les constructions neuves situées en zone termitée (arrêté du 27 juin 2006).
La certification CTB-P+
Le label CTB-P+ (délivré par le FCBA) certifie que le produit de traitement a démontré son efficacité contre les agents biologiques ciblés. Les bois traités avec un produit CTB-P+ bénéficient d’une garantie de protection de 10 ans minimum, pouvant aller jusqu’à 25 ans selon le procédé.
Classes d’emploi et traitement
La norme NF EN 335 définit cinq classes d’emploi selon l’exposition du bois à l’humidité et aux risques biologiques :
| Classe d’emploi | Situation du bois | Risques | Traitement préventif |
|---|---|---|---|
| Classe 1 | Intérieur, sec | Insectes | Facultatif (bois durables) |
| Classe 2 | Intérieur ou abrité, humidification occasionnelle | Insectes, champignons | Recommandé |
| Classe 3 | Extérieur, sans contact sol | Insectes, champignons | Obligatoire |
| Classe 4 | Contact sol ou eau douce | Insectes, champignons, pourriture | Obligatoire (produit renforcé) |
| Classe 5 | Contact eau de mer | Tous agents biologiques | Bois naturellement durables uniquement |
En zone termitée, le traitement préventif est requis même pour les bois en classe d’emploi 1 (intérieur sec), car les termites souterrains peuvent attaquer n’importe quel bois de construction.
Évaluer les dégâts : le bois est-il récupérable ?
Avant de traiter, il faut évaluer si le bois conserve une résistance mécanique suffisante pour remplir sa fonction. Un professionnel mesure la section résiduelle saine du bois et la compare aux exigences structurelles.
Critères d’évaluation
- Section résiduelle supérieure à 70 % : le bois peut être traité et conservé en l’état
- Section résiduelle entre 50 % et 70 % : le bois doit être renforcé (doublage, étaiement, flasques)
- Section résiduelle inférieure à 50 % : le remplacement du bois est recommandé
Techniques de renforcement
Lorsque le bois est trop endommagé pour être simplement traité mais que son remplacement est trop complexe, plusieurs techniques de renforcement existent :
- Résine époxy structurelle : comblement des cavités et reconstitution de la section
- Flasques bois ou métal : pièces rapportées boulonnées de part et d’autre du bois affaibli
- Prothèse bois : remplacement partiel de la zone endommagée par une pièce de bois saine assemblée
- Fibres de carbone : renforcement par collage de bandes de carbone (technique récente, très performante)
Les bois les plus concernés dans une maison
Bois de structure
Les éléments porteurs sont les plus critiques car leur affaiblissement met en danger la stabilité du bâtiment :
- Charpente : pannes, chevrons, arbalétriers, entraits (voir notre guide traitement charpente)
- Poutres et solives de plancher
- Ossature bois des murs
- Escaliers en bois massif
Bois de second oeuvre
Ces éléments ne sont pas porteurs mais leur dégradation est visible et gênante :
- Plinthes et chambranles de portes
- Parquet et lambris
- Fenêtres et volets en bois
- Portes intérieures
Bois d’ameublement
Les meubles en bois peuvent également être attaqués, surtout s’ils sont posés au sol en contact avec un mur infesté. Le traitement est différent car il doit préserver l’aspect esthétique du meuble.
Le coût du traitement des bois
| Type de traitement | Prix indicatif |
|---|---|
| Injection bois de structure | 30 - 60 euros/ml |
| Traitement gel bois | 40 - 80 euros/ml |
| Badigeon préventif | 10 - 25 euros/m² |
| Traitement charpente complète (80 m²) | 2 000 - 5 000 euros |
| Remplacement poutre (fourniture + pose) | 500 - 2 000 euros/pièce |
| Renforcement résine époxy | 200 - 600 euros/intervention |
Ces tarifs n’incluent pas le traitement du sol (barrière chimique ou pièges), indispensable pour empêcher les termites de revenir. Pour un traitement complet, consultez notre guide complet du traitement anti-termites.
Conseils pratiques pour la protection des bois
Réduire les facteurs de risque
- Éliminer les sources d’humidité : réparer les fuites, assurer une bonne ventilation des combles et des vides sanitaires
- Supprimer le bois en contact avec le sol : poteaux, piquets, stockage de bois contre la maison
- Éviter l’accumulation de bois mort : souches, branches, débris de bois dans le jardin
- Maintenir un espace entre le bois de structure et le sol (minimum 20 cm)
Surveillance régulière
- Inspectez vos bois de structure au moins une fois par an
- Vérifiez l’absence de cordonnets de terre sur les murs de fondation
- Tapotez les bois à risque pour détecter un éventuel son creux
- Faites réaliser un diagnostic professionnel tous les 3 à 5 ans en zone à risque
Choix des bois en construction neuve
Si vous construisez en zone termitée, privilégiez :
- Des essences naturellement durables (chêne, châtaignier, douglas) pour les pièces en contact avec des zones à risque
- Des bois traités en autoclave (classe d’emploi 4) pour les éléments proches du sol
- Des assemblages métalliques plutôt que des assemblages bois traditionnels pour les zones critiques
Garanties et certifications
Un traitement professionnel du bois doit être accompagné de garanties solides :
- Garantie décennale : obligatoire pour les travaux de traitement touchant à la structure du bâtiment
- Garantie de traitement : le professionnel certifié CTB-A+ garantit l’efficacité du traitement pendant 10 ans minimum
- Procès-verbal de traitement : document détaillant les produits utilisés, les quantités injectées, les zones traitées et la date d’intervention
Conservez précieusement ce procès-verbal : il sera exigé en cas de revente du bien et constitue la preuve que le traitement a été réalisé dans les règles de l’art.